Le pré-entretien écrit : présélectionner avant l'entretien
Un entretien d'une heure pour découvrir à la dixième minute que le permis est suspendu : c'est ce que la présélection évite.
Présélectionner un candidat, c'est vérifier avant l'entretien les faits qui décident : coordonnées, permis, autorisation de travail, expérience, habilitations et leur date de validité, disponibilité et mobilité ; sept ou huit questions suffisent, posées de la même façon à tous, à condition qu'elles aient un lien direct avec le poste et que le candidat soit informé de la méthode.
La présélection est l'étape entre la candidature et l'entretien. Elle vérifie ce que le CV ne dit pas, ou dit mal : l'habilitation est-elle encore valide, le candidat a-t-il un véhicule pour rejoindre le site à 6 h, est-il disponible le 1er du mois ? Ces questions ont une réponse courte, et elles décident souvent de tout. Les poser avant l'entretien, c'est ne recevoir que les candidats qui peuvent réellement occuper le poste.
Les questions qui éliminent vraiment
- Les coordonnées confirmées : un courriel et un téléphone qui répondent.
- Le permis et le véhicule, quand le poste l'exige : horaires décalés, chantiers mobiles, site mal desservi.
- L'autorisation de travail et la validité de la pièce d'identité, pour les postes où elle doit être vérifiée avant l'embauche.
- L'expérience dans le domaine : combien d'années, sur quel matériel, quel procédé.
- Les habilitations et certifications : lesquelles, et jusqu'à quand. Une habilitation électrique ou un CACES expiré change la date d'embauche possible.
- La disponibilité : date de démarrage, préavis en cours.
- La mobilité : rayon accepté, déplacements, découchés.
Sept ou huit questions suffisent. Au-delà, le candidat abandonne ; en deçà, l'entretien sert encore à vérifier au lieu de choisir.
Écrit ou téléphone ?
| Appel de présélection | Pré-entretien écrit | |
|---|---|---|
| Temps du recruteur | 10 à 15 minutes par candidat, plus les appels manqués | Lecture d'une synthèse, 1 à 2 minutes |
| Disponibilité du candidat | Aux heures de bureau, souvent pendant son travail | Quand il veut, depuis son téléphone |
| Comparabilité | Variable selon l'appel et la personne qui appelle | Les mêmes questions pour tous, dans le même ordre |
| Trace | Des notes, quand elles sont prises | Les réponses mot pour mot, rattachées à la candidature |
| Ce qu'il capte mieux | L'aisance à l'oral, la motivation | Les faits : dates, habilitations, disponibilité |
Les deux ne s'opposent pas : l'écrit vérifie les faits pour tous les candidats, l'appel ou l'entretien juge la personne pour ceux qui les ont.
Ce que l'on ne peut pas demander
Les informations demandées à un candidat doivent avoir un lien direct et nécessaire avec l'emploi proposé ou avec l'évaluation de ses aptitudes professionnelles (article L1221-6 du Code du travail). La situation de famille, un projet de grossesse, l'état de santé, les opinions, l'origine ou l'adresse précise n'en font pas partie. Le candidat doit en outre être informé des méthodes utilisées pour l'évaluer (article L1221-8) : un questionnaire de présélection s'annonce.
Trois erreurs courantes
Poser les questions éliminatoires en fin d'entretien
Découvrir le préavis de trois mois après une heure d'échange coûte une heure au recruteur et une demi-journée au candidat. Ce qui élimine se demande d'abord.
Ne pas noter la date de validité
« Habilitation B1V : oui » ne suffit pas. L'habilitation expire, le CACES aussi ; la date de fin dit si le candidat peut démarrer lundi ou après un recyclage.
Laisser le candidat sans suite
Un candidat qui a répondu à un questionnaire attend une réponse. Proposer tout de suite un créneau d'entretien, ou dire sous quel délai il sera recontacté, évite qu'il accepte ailleurs entre-temps.
Avec WiJob
Après sa candidature, le candidat reçoit un lien vers un pré-entretien écrit. WiJob lui pose, une par une, les questions que vous avez réglées — un jeu de départ est proposé par secteur — et enregistre une synthèse structurée sur sa fiche : courriel confirmé, permis, habilitations et validité, expérience, disponibilité, mobilité. Le candidat choisit ensuite un créneau dans l'agenda du recruteur. Dans le pipeline, la carte montre les habilitations extraites avant même d'ouvrir la fiche.
Questions fréquentes
Combien de questions poser en présélection ?
Sept ou huit, courtes et factuelles. Au-delà de dix minutes, le taux d'abandon augmente nettement, surtout sur téléphone.
Peut-on éliminer un candidat sur la base d'un questionnaire ?
Oui, si le critère est objectif et lié au poste — une habilitation obligatoire, un permis nécessaire, une date de démarrage impossible — et que le candidat a été informé de la méthode. Un critère sans lien avec le poste reste interdit, qu'il soit posé à l'écrit ou à l'oral.
La présélection écrite remplace-t-elle l'entretien ?
Non. Elle vérifie les faits pour tous ; l'entretien juge la personne, la motivation et l'adéquation avec l'équipe pour ceux qui ont passé la présélection.
Faut-il répondre aux candidats non retenus ?
Aucune obligation légale générale, mais une réponse, même brève, préserve la réputation de l'entreprise et le vivier : le candidat écarté aujourd'hui peut être le bon profil du prochain poste.